Quarry - Série (2016)
Quarry - Série (2016)

Série de Michael D. Fuller et Graham Gordy Thriller, policier et drame 1 saison (terminée) Cinemax 1 h 9 septembre 2016

Dans les années 70, un tireur de la Marine de retour de la guerre du Vietnam se retrouve rejeté par sa famille et ses amis et diabolisé par le public et les médias. Désenchanté, il est recruté dans un réseau de criminels chargés de nettoyer les rives du Mississippi...

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Serie Quarry torrent



Ouais, Quarry, il a les nerfs. A fleur de peau même, qu’il est. Tendu comme un élastique. Franchement, on le serait à moins : marine embourbé dans le pétrin vietnamien, il est accusé de crime de guerre après une opération qui a mal tourné. De retour au pays, il est accueilli dans la controverse (après avoir été descendu en flèche par des journalistes qui ont rongé leur os jusqu’à la moelle), hué par des hippies contestataires et braillards, en plus d’être chevelus. Méprisé par son père, rejeté par ses amis, il perd son seul vrai pote, soldat comme lui, abattu lors d’une mission confiée par un tueur à gages et pour laquelle il avait déjà empoché le fric. Fric sur lequel on ne remet pas la main, évidemment, ce qui inclut que notre bon Quarry va éponger la dette de son ami en effectuant les missions lui-même. A l’œil, du coup. Et comme si tout ça ne suffisait pas, la goutte d’eau, le comble de l’horreur : son vinyle préféré d’Otis Redding a disparu !!! Alors je ne sais pas vous, mais moi, j’ai bien envie de lui dire : « Dis donc, tout ça, c’est pas jojo, Quarry ! » …

1972 – Le retour au bercail donc, pour Mac – Quarry – Conway et son ami Arthur Solomon à Memphis, Tennessee. Une ville où le racisme n’est pas juste palpable mais carrément une tradition. Pour certains même, un art de vivre. Une ville dans laquelle les blancs organisent des fêtes dans les anciennes cases d’esclaves (autant qu’elles servent à quelque chose) et tombent dans la violence quand ils apprennent la mixité à venir dans les écoles publiques. Une ville sur laquelle plane l’image du Dr King assassiné, symbole d’espoirs déchus. Une ville mais également tout un pays qui rejette ses « héros », pour peu qu’ils soient entachés. Des soldats considérés comme des assassins et non comme des patriotes, qui subissent de plein fouet les répercussions de décisions politiques enfonçant un peu plus le pays dans le bourbier asiatique, des hommes que personne ne veut embaucher, avec lesquels personne ne veut traîner, et accusés de jeter la honte sur leur propre famille.

C’est dans cette atmosphère que Quarry retrouve sa femme, Joni, qui, elle aussi, a souffert, à distance (absence,peur) et qui souffre encore, reconnaissant difficilement ce mari qui lui revient. Leur histoire constitue une des trames majeures de cette saison 1, entre sensualité, colère et non-dits. Le couple est incarné par deux acteurs habités, notamment un Logan Marshall-Green parfait, torturé, déprimé et d’une grande complexité, Marshall-Green qui ne se contente pas d’être la photocopie de Tom Hardy, mais qui en a également le charisme et le talent. L’autre axe est bien évidemment celui de ces contrats à remplir : meurtres commandités par un client anonyme, pour des raisons plus ou moins obscures. Des personnages assez peu nombreux, mais de vraies gueules : entourés de mystère pour certains, de fragilité pour d’autres, mais tous impeccables.

Quarry, série ultra pointilleuse sur les moindres détails des 70’s, contextualise historiquement son intrigue : les JO de Munich, avec le géant Mark Spitz mais aussi la prise d’otage des athlètes israéliens, et la course aux élections au terme de laquelle Nixon va remporter un second mandat. La reconstitution de l’époque est parfaite, bluffante, que ce soit les looks, les décors, les bagnoles, les moustaches (pour les adeptes de pilosité labiale, c’est Disneyland), le tout agrémenté d’une bande-son à nous faire chialer de bonheur, surfant entre soul, rock, funk et gospel. Une véritable jouissance auditive !

Construite sur un faux rythme, qui n’est pas sans rappeler la grande Breaking Bad, elle peut en dérouter quelques-uns. Quarry prend son temps, distillant l’action entre scènes bavardes et introspection d’un anti-héros meurtri et hanté par ses propres démons, en plus de devoir éliminer les démons des autres. Rien de surprenant lorsqu’on sait que sont aux manettes deux des auteurs de la somptueuse, délicieuse, merveilleuse, grandiose, formidable, inoubliable, fantastique, époustouflante, bouleversante … Rectify (j'en ai peut-être déjà parlé, non ?). Point de courses poursuites effrénées et de contrats à la chaîne, Quarry s’intéresse à son personnage central, et à tout ce à quoi il doit faire face, dans un pays qui n’a pas encore compris ce qu’est le trouble du stress post-traumatique (Pitihessedy, en VO, c’est plus classe) et qui décrète que tant qu’on revient de la guerre avec ses deux bras et ses deux jambes, on aurait tort de se plaindre.

Votre mari a du mal à dormir, Madame ? Dites-lui qu’on le remercie pour son service.

Mix brillant de psychologie / étude de personnages et d’action, avec une intrigue qui peut paraître assez classique, mais si bien menée qu’elle en devient addictive, Quarry constitue certainement l’une des plus intéressantes et captivantes séries de l’année, avec un final de saison 1 qui engendre une attente longue à combler. Quarry semble avoir été écrite pour moi. Alors … tu la sens, ma grosse impatience ?