The Aeronauts - Film (2019)
The Aeronauts - Film (2019)

Film de Tom Harper Action, aventure, biopic 1 h 40 min 20 décembre 2019

Au 19e siècle, une pilote de montgolfière un scientifique s'embarquent dans les airs pour découvrir les secrets du paradis. Alors qu'ils vont plus haut dans l'atmosphère que n'importe quel ballon auparavant et font d'incroyables découvertes, ils en viennent à se battre pour leur survie.

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Film The Aeronauts torrent



Felicity Jones, Eddie Redmayne et un petit chien sont dans un ballon... Bon, on vous épargnera la chute, rassurez-vous, d'autant qu'il ne s'agit pas d'une mauvaise blague mais du nouveau film de Tom Harper ("Wild Rose") qui va nous raconter la célèbre épopée de deux explorateurs/pionniers, Amelia Wren et James Glaisher, partis pour battre en ballon un record d'altitude détenu par des satanés Français en 1862. Enfin une "célèbre épopée", oui et non car ici, tout ça est à prendre avec de sérieuses pincettes tant "The Aeronauts" va prendre un malin plaisir à malmener la réalité historique afin justement de donner un cachet plus épique à cette aventure. Dans les faits (et après, quelques vérifications, tout ça m'a paru évidemment trop beau pour être vrai même sans être un expert en la matière), Tom Harper et son scénariste Jack Thorne condensent plusieurs périples en ballons ayant existés dans un contexte similaire mais il reprend principalement celui effectué par le vrai James Glaisher (Eddie Redmayne à l'écran) et Henry Coxwell, tous deux ayant atteint le record de 11 887 mètres d'altitude le 5 septembre 1862. À ce stade, vous vous demandez sûrement qui est donc le personnage de Felicity Jones, Amelia Wren, et où diable est passé Henry Coxwell ? Non, dans le film, ce dernier n'est pas caché dans un recoin de la nacelle du ballon en train de cuver un trop-plein de brandy, il a juste tout simplement été zappé de l'histoire (et de l'Histoire tout court !) pour être remplacé par la fictive Amelia qui, elle-même, est aussi une espèce d'amalgame de deux autres célèbres femmes passionnées de ce type d'expéditions dans les nuages. La plus grande inspiration avouée du rôle Felicity Jones se trouve être la française Sophie Blanchard, la première représentante féminine à être devenue une aéronaute professionnelle après avoir secondé son mari et complétée ici par des éléments du vécu de Margaret Graham, la première Britannique à avoir volé en solo dans un ballon (on retrouve dans le film son côté show(wo)man, l'ombre d'une certaine tragédie qui l'habite malgré des circonstances très différentes des véritables, etc). Il faut bien avouer que l'on n'avait jamais envisagé un jour de se pencher (plus que rapidement, hein !) sur l'essor de l'aérostation mais il s'est avéré intéressant d'en apprendre un peu plus sur le sujet -déjà un bon point pour le film quelque part malgré ses libertés- et, bien entendu, il était nécessaire de démêler le vrai du faux de cette histoire prenant part dans une bien plus grande... Ah, une dernière précision : on a gentiment éludé une grande partie des dates pour ne pas complexifier l'affaire, sachez juste que la plupart des évènements et personnages évoqués ont tous laissé une empreinte dans leur discipline à travers le XIXème siècle pour résumer.

Passons sur les controverses suscitées par ce personnage "inventé" de Felicity Jones entre des historiens ne sautant pas vraiment de joie à l'idée de voir le pauvre Henry Cowxell ainsi transformé et certaines critiques US saluant l'audace d'avoir représenté/assemblé des figures féminines fortes quelque peu oubliées en une seule (ou tout ça inversement d'ailleurs). Après tout, à condition de faire l'effort de s'intéresser à la réalité des événements pour se faire sa propre idée et que cela soit notifié dans le film (notons quand même que le simple "inspiré d'une histoire vraie" introductif peut prêter à confusion), la démarche de réécriture ne nous dérange pas tellement si elle a pour but de dynamiser ou bonifier le déroulement d'un long-métrage, ce qui est le cas ici, soyons francs, notamment sur l'évolution parallèle de ces héros.

Vous allez vite le comprendre dans ce qui suit, "The Aeronauts" est un divertissement d'honnête facture sur bien des plans, mais hélas englué dans un tel classicisme, voire un académisme déjà tourné vers quelques nominations ou récompenses, qu'il ne peut au final que se contenter d'assurer le spectacle.

1. Base honnête mais classique Débarrassé de tous ses artifices, le squelette scénaristique de "The Aeronauts" est d'abord on ne peut plus basique : un homme une femme aux caractères opposées et réunis dans un espace très restreint dans le but de vivre une aventure jusqu'alors inconnue pour le commun des mortels de l'époque. Voilà, c'est tout bête en somme, une recette bien établie !

2. Personnages honnêtes mais classiques Lui est un scientifique introverti mais obstiné, cherchant la reconnaissance de ses pairs et de son paternel pour prouver l'importance de ses recherches sur ce qui deviendra la future météorologie. Elle est une pilote accomplie de ballons, faisant du décollage un véritable cirque populaire mais elle est hantée par une terrible tragédie qui l'a trop longtemps clouée à un sol synonyme d'une fin d'envie de vivre.

3. Finalités honnêtes mais classiques Pour lui, leur vol en commun va être l'occasion de monter toujours plus haut vers des étoiles qu'il est appelé à tutoyer en faisant l'admiration de ses pairs & père par la preuve de ses théories scientifiques. Pour elle, cela va consister à briser les chaînes traumatisantes qui la retenaient à terre dans le but d'aller plus haaaauuut que là où elle avait connu le pire et enfin réapprendre à vivre au firmament de sa passion. Tous deux vont donc se dépasser dans l'inconnu de leur odyssée et revenir en bien meilleurs états émotionnels qu'ils n'étaient.

4. Construction honnête mais classique Le film a la bonne idée de démarrer au quart de tour et nous embarque assez directement à l'intérieur de son ballon avec ses passagers. Bon, on n'y croyait pas trop mais on espérait quand même un total huis-clos dans les nuages... Évidemment que non, "The Aeronauts" va dévoiler quelques flashbacks pour enrichir le background des personnages. Essentiellement basés sur ce qui va amener le duo à collaborer, ils seront assez touchants quand ils concerneront James, vite redondants sur la tragédie personnel d'Amelia et intéressants lorsqu'ils mettront les deux aéronautes en scène en amont de leur voyage.

5. Péripéties honnêtes mais classiques Forcément, nos pionniers des hautes altitudes sont en pleine découverte de ce nouvel environnement. Le problème, c'est que, nous spectateurs, on en connaît déjà une grande partie des dangers donc, si eux seront toujours surpris par des conditions météorologiques souvent inconnus à l'époque, nous, rien ne viendra jamais vraiment nous étonner de ce côté. Cependant, et il faut quand même le souligner, Tom Harper et Jack Thorne vont faire d'excellents choix pour tenter de bousculer nos attentes. Non seulement, ils enchaînent dès le début sur un obstacle que l'on pouvait imaginer arriver bien plus tard au vu de son ampleur (enfin, il est cohérent en soi qu'il se passe à ce moment) mais, au fur et à mesure des diverses étapes de l'ascension, le film réussit quasiment à chaque fois à nous prendre au jeu ! On retiendra surtout une rencontre poétique ou une séquence de sauvetage de la dernière chance absolument saisissante et menée par une Felicity Jones possédée, toutefois, quand on vous disait plus haut que "The Aeronauts" assurait réellement le spectacle dans l'ensemble, on ne vous mentait pas du tout.

6. Mise en scène et interprétations plus qu'honnêtes mais parfois trop classiques Comme la variation de ce sixième intitulé l'indique, ce sont clairement les gros points forts du long-métrage. Lors des séquences au sol et de flashbacks, la réalisation de Tom Harper ne fait pas de grandes étincelles, elle reste justement trop terre à terre ou, dans le meilleur des cas, efficace pour saisir ce qui anime les personnages. Mais, dans les airs, "The Aeronauts" rend pleinement justice à la beauté des cieux pour à la fois nous éblouir et nous impliquer dans la tension des épreuves vécues par les héros ! Certes, on ne peut pas nier que des plans vont nous rappeler que les fonds verts ne sont jamais loin mais, globalement, Tom Harper arrive à nous mettre dans le même état d'émerveillement ou de crainte que James et Amelia et c'est sans conteste une carte-maîtresse du film car elle parvient à camoufler momentanément les autres aspects bien plus banals de "The Aeronauts". Au milieu de tout ça, l'impressionnante Felicity Jones vole la vedette à tout le monde, à commencer par un Eddie Redmayne qui nous refait encore le coup du scientifique intériorisé mais exalté lorsque sa passion rentre en jeu. Dans tous les cas, le couple de "Une Merveilleuse Histoire du Temps" à nouveau réuni est le plus mis en valeur face à des seconds rôles qui n'ont pas beaucoup de temps pour exister (hormis peut-être un touchant Tom Courtenay en père de James).

Voilà, vous savez à peu près tout sans en savoir trop avant de vous lancer dans cette jolie virée en ballon... honnête mais classique. OK, OK, on se tait et on s'envole très haut à notre tour maintenant, promis.